Le lâcher-prise

Le lâcher-prise, comment ça fonctionne?!

J’ai souvent entendu ces mots : «Tu devrais lâcher-prise, ça t’aiderait…». Et je me souviens m’être dit en moi-même : «Mais comment je fais pour lâcher-prise?! Y a-t-il un mode d’emploi?». Au fil des ans, j’ai cherché le sens profond de cette phrase toute faite, qu’on balance comme une bouée de sauvetage dès qu’un problème se pointe à l’horizon.

Mais avant de comprendre le fonctionnement de ce geste salvateur, il faut d’abord poser une question fondamentale : Qu’est-ce que le lâcher-prise? La meilleure explication pour moi du lâcher-prise passe par cette image : un poing fermé qui s’ouvre doucement, jusqu’à devenir une main ouverte tournée vers le ciel. Dans certains moments difficiles que j’ai eu à traverser, je me souviens avoir imaginé cette main ouverte en y trouvant une certaine paix intérieure et du relâchement.

Maintenant, si cette main ouverte représente le fait de «lâcher», qu’est-ce que la prise? Je vous laisse chercher… Et oui, la prise c’est le contrôle. Vous l’aviez deviné n’est-ce pas? Quand les choses ne se passent pas comme on le voudrait, et même souvent par simple peur de perdre le contrôle, on se crispe… et nous voilà en mode «control freak» (méthode de survie efficace lorsqu’un danger de mort immédiate se présente, mais quelque peu inutile pour faire face à nos problèmes postmodernes). Je dois dire qu’il m’a fallu souffrir à maintes reprises (et j’en souffre toujours) de l’emprise du contrôle avant de voir un peu de lumière au bout du tunnel. Puis, j’ai fini par comprendre que l’antidote au contrôle est l’acceptation. Par acceptation, je veux dire accepter la réalité et faire avec.

Voici un fait indiscutable : en tant qu’être humain, nous avons tendance à lutter contre un obstacle ou une difficulté plutôt qu’à l’accepter… L’accepter nous semble contre nature. Par exemple, imaginons maintenant l’acceptation sous la forme d’un bateau qu’on laisserait couler ou encore sous la forme d’un trou noir par lequel on se laisserait calmement engouffrer, tout en se disant «ça ira». Mmmmm…. pas sûre. L’être humain à un instinct de survie plutôt fort, l’acceptation d’une situation désagréable peut sembler impossible à envisager, voire totalement stupide. Pourquoi se laisserait-on volontairement couler ou engouffrer, sans même essayer de sauver sa peau?

Grâce à l’instinct de survie, nous avons appris à nous accrocher coûte que coûte. Mais voilà, l’instinct de survie nous empêche de lâcher-prise et nous empoisonne littéralement la vie. Cette obsession du contrôle perturbe nos fonctions vitales (la respiration, la pression sanguine, le travail du système digestif), le stress et l’inquiétude qui en découlent nous fatiguent et nous rongent de l’intérieur et l’anxiété que nous ressentons se transforme en un poison qui inhibe notre capacité à ressentir le bonheur. Par ailleurs, il ne faut surtout pas oublier un acteur important dans toute cette affaire : la peur. C’est elle qui nous empêche de flotter dans le sens du courant. Bien que la peur nous informe en général de la présence d’un danger réel, elle se laisse malheureusement aussi induire par notre imaginaire destructeur.

L’imaginaire destructeur est en quelque sorte généré par notre «victime intérieure» qui amplifie la peur qui nous habite. Par exemple : la peur du changement, la peur de perdre ce à quoi on est attaché, la peur du ridicule, la peur du rejet, la peur de commettre une erreur… Cependant, il faut savoir mettre de l’ordre dans ces peurs. Par exemple, par peur de perdre une amitié, on finit par se perdre dans une amitié malsaine. Par peur de perdre la face, on évite de s’affirmer. Sans oublier la peur qu’on me voit tel que je suis, qui fait que je m’épuise à force de jouer un personnage qui est toujours prêt à tout pour plaire.

La conscience de soi et l’ici et maintenant 

La prochaine fois que vous aurez de la difficulté à lâcher-prise, prenez un moment pour revenir à l’ici et maintenant : votre respiration, les battements de votre cœur, les tensions dans votre corps. Demandez-vous ensuite ce qui vous fait peur. Essayez d’en prendre réellement conscience.. Cela mettra de la conscience dans votre démarche pour «survivre» et pourrait vous éviter de tomber en mode «control freak». En tant qu’être humain, vous avez cette capacité à mettre de la conscience dans vos réactions. Vous pouvez choisir de lâcher-prise. Vous avez le pouvoir d’accepter de vivre une situation déstabilisante pour goûter à la paix de choisir de ne faire qu’un avec ce qui est et devenir toujours un peu plus le créateur de votre vie…

Geneviève Beaulieu, TRA
Thérapeute en relation d’aide, membre de l’AETRA

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